Il suffit d’ouvrir son téléphone pour tomber sur des influenceurs qui parlent fort, qui se filment partout, qui donnent des conseils comme s’ils détenaient la vérité. Certains inspirent, motivent, font rire. Mais d’autres, sans même s’en rendre compte, normalisent des comportements toxiques. Et ce qui est toxique, quand c’est répété, liké, partagé, finit par sembler normal. C’est là que le danger commence.
Les influenceurs ont un pouvoir énorme : ils façonnent les tendances, les opinions, les comportements. Quand un influenceur se moque des autres, banalise l’humiliation, glorifie la manipulation, encourage les défis dangereux ou valorise des relations malsaines, beaucoup de jeunes finissent par croire que c’est “juste pour rire”, que “tout le monde fait ça”, que ‘’ce n’est pas si grave”. Pourtant, derrière l’écran, l’impact est bien réel.
Le problème, c’est que les réseaux sociaux récompensent ce qui choque. Plus c’est extrême, plus ça circule. Plus c’est toxique, plus ça buzz. Alors certains influenceurs poussent toujours plus loin : insultes déguisées en humour, relations toxiques présentées comme passionnelles, comportements irrespectueux transformés en contenu divertissant. Et les jeunes, eux, regardent, absorbent, imitent parfois.
Ce qui rend tout cela encore plus complexe, c’est que ces influenceurs semblent proches, accessibles, “comme nous”. Ils parlent directement à la caméra, ils racontent leur vie, ils créent une illusion de proximité. On finit par leur faire confiance, même quand ce qu’ils montrent n’est pas sain. On se dit que si eux le font, c’est que ce n’est pas si grave. On oublie que ce n’est pas la vraie vie, mais une version montée, filtrée, exagérée.
Pour certains jeunes, ces modèles deviennent des repères. Ils apprennent à réagir comme eux, à parler comme eux, à régler les conflits comme eux. Ils adoptent des comportements qui blessent, qui divisent, qui détruisent. Ils normalisent l’irrespect, la moquerie, la manipulation émotionnelle. Et parfois, ils ne s’en rendent même pas compte.
Mais il existe aussi une autre réalité : beaucoup de jeunes commencent à ouvrir les yeux. Ils voient que ce contenu les fatigue, les compare, les influence trop. Ils réalisent que ce qui semble “cool” en ligne peut faire mal dans la vraie vie. Ils comprennent que suivre quelqu’un ne veut pas dire lui ressembler. Ils apprennent à choisir ce qu’ils consomment, à filtrer, à prendre du recul.
Les influenceurs ne sont pas tous toxiques. Certains inspirent, éduquent, soutiennent. Mais il est essentiel de reconnaître que d’autres peuvent avoir un impact négatif, même involontaire. Et cet impact, il est réel : sur l’estime de soi, sur les relations, sur la façon de parler, d’agir, de se percevoir.
La vraie force, aujourd’hui, c’est de savoir dire : “Ce contenu ne me fait pas du bien.” C’est de choisir ce qu’on laisse entrer dans sa tête. C’est de comprendre que ce qu’on voit en ligne n’est pas un modèle à suivre, mais un spectacle à regarder avec distance. C’est de se rappeler que la vraie influence, celle qui compte vraiment, vient de ce qu’on construit soi-même.
Youssef Kasmi Bakkali
Les influenceurs ont un pouvoir énorme : ils façonnent les tendances, les opinions, les comportements. Quand un influenceur se moque des autres, banalise l’humiliation, glorifie la manipulation, encourage les défis dangereux ou valorise des relations malsaines, beaucoup de jeunes finissent par croire que c’est “juste pour rire”, que “tout le monde fait ça”, que ‘’ce n’est pas si grave”. Pourtant, derrière l’écran, l’impact est bien réel.
Le problème, c’est que les réseaux sociaux récompensent ce qui choque. Plus c’est extrême, plus ça circule. Plus c’est toxique, plus ça buzz. Alors certains influenceurs poussent toujours plus loin : insultes déguisées en humour, relations toxiques présentées comme passionnelles, comportements irrespectueux transformés en contenu divertissant. Et les jeunes, eux, regardent, absorbent, imitent parfois.
Ce qui rend tout cela encore plus complexe, c’est que ces influenceurs semblent proches, accessibles, “comme nous”. Ils parlent directement à la caméra, ils racontent leur vie, ils créent une illusion de proximité. On finit par leur faire confiance, même quand ce qu’ils montrent n’est pas sain. On se dit que si eux le font, c’est que ce n’est pas si grave. On oublie que ce n’est pas la vraie vie, mais une version montée, filtrée, exagérée.
Pour certains jeunes, ces modèles deviennent des repères. Ils apprennent à réagir comme eux, à parler comme eux, à régler les conflits comme eux. Ils adoptent des comportements qui blessent, qui divisent, qui détruisent. Ils normalisent l’irrespect, la moquerie, la manipulation émotionnelle. Et parfois, ils ne s’en rendent même pas compte.
Mais il existe aussi une autre réalité : beaucoup de jeunes commencent à ouvrir les yeux. Ils voient que ce contenu les fatigue, les compare, les influence trop. Ils réalisent que ce qui semble “cool” en ligne peut faire mal dans la vraie vie. Ils comprennent que suivre quelqu’un ne veut pas dire lui ressembler. Ils apprennent à choisir ce qu’ils consomment, à filtrer, à prendre du recul.
Les influenceurs ne sont pas tous toxiques. Certains inspirent, éduquent, soutiennent. Mais il est essentiel de reconnaître que d’autres peuvent avoir un impact négatif, même involontaire. Et cet impact, il est réel : sur l’estime de soi, sur les relations, sur la façon de parler, d’agir, de se percevoir.
La vraie force, aujourd’hui, c’est de savoir dire : “Ce contenu ne me fait pas du bien.” C’est de choisir ce qu’on laisse entrer dans sa tête. C’est de comprendre que ce qu’on voit en ligne n’est pas un modèle à suivre, mais un spectacle à regarder avec distance. C’est de se rappeler que la vraie influence, celle qui compte vraiment, vient de ce qu’on construit soi-même.
Youssef Kasmi Bakkali